« ODYSEE | Page d'accueil | A LA VIE A LA MORT »

mercredi, 31 octobre 2007

HOMMES OISEAUX

large_voladores.jpg

© J.-L B

Rien - ou presque ! - n'a changé depuis l'époque où les totonaques vénéraient Staku-Luha.
Voilà des millénaires que les habitants des alentours d'El Tagin, l'un des actuels sites précolombiens les plus importants et les mieux conservés du Mexique; peuple artiste, mystique et pacifique, rêve de voler pour s'approcher du ciel.
En ces temps anciens, ce serpent de Dieu était particulièrement aimé et respecté. Hommes et reptile entretenaient le meilleur des rapports.
A tel point que ce dernier fit même un voyage jusqu'au soleil pour lui demander l'eau, la lumière et la chaleur en faveur des habitants de la cité d'El Tajin. Afin de le remercier de tant de gratitude et pour que Staku-Luha puisse renouveler ses escapades célestes et parvenir à ses fins, les indiens totonaques le revêtirent de plumes banches.
Longtemps ensuite, et depuis, ils imitent son envol gracile. Pendus par une corde à une trentaine de mètres du sol, les "voladores" surgis d'un autre temps rendent hommage au soleil et au vent en descendant en tournoyant vers la terre selon un code bien précis.
Interprétation de l'ethnologue Walter Krickeberg : pour qui il faut s'imaginer ces "hommes oiseaux" comme "des guerriers et des sacrifiés, qui, selon les croyances indigènes, revenaient sur la terre sous la forme d'oiseaux et des papillons pour goûter le nectar des fleurs après avoir rendu hommage au Dieu-Soleil."
Le chercheur Guy Stresser-Pean met pour sa part en avant le concept cosmologique selon lequel il convient de considérer le ciel comme "une divinité masculine dont l'essence est le feu et la terre comme un être féminin dont l'essence est l'eau et le froid. De leur union dépend toute la fécondité. Au sommet du mât, un danseur évoque les Dieux célestes en jouant de la flûte d'une main et en tapant sur un petit tambour de l'autre. Avant de grimper au mât, il joue à l'intérieur d'une église pour honorer le Dieu chrétien. Les"voladores" sont les messagers du ciel chargées d'apporter à la terre la semence de ce Dieu fécondateur (le ciel) d'où s'échappent les rayons du soleil, qui sont sa forme visible".


22:20 Publié dans MEXIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Mexique, voladores, hommes oiseaux, El Tajin, totonaques, indiens, staku-Luha

Commentaires

un seul mot : magnifique...j'en ai le tournis ! la vision du monde par les peuplades dites primitives était autrement plus poétique que la notre !

Ecrit par : ulysse | jeudi, 01 novembre 2007

très chargées de symboles incluent les 4 éléments,le soleilet la terre, le féminin le masculin très poétique, très beau

Ecrit par : ginette | jeudi, 01 novembre 2007

Ecrire un commentaire