lundi, 14 juillet 2008

CAMINO DEL ROCIO (17)

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© J.-L B
(...)
Ils touchaient enfin au but.
C'est dans le soleil couchant qu'ils rallièrent Rocio, après quatre jours de marche.
Quatre jours rythmés au pas cadencés des chevaux, des mules, des boeufs et des chariots.
(...)
Ils se connaissaient depuis leur plus tendre adolescence.
Enfants, ils avaient suivi leurs parents sur ces mêmes chemins ensablés qui serpentent à travers les pins et les dunes du parc de Doñana.
Ce "camino", ils l'avaient dans la peau.
Nul mot ne parvenait à exprimer, à en expliquer son attrait.
Alors : pourquoi diable allaient-ils s'escrimer et s'embarrasser à dire pourquoi ?
A dire pourquoi tout ça ! Et ce pourquoi, aujourd'hui, on les questionnait encore.
Pourquoi on cherchait à leur faire dire une énième fois pourquoi; pourquoi chaque année, finalement, ils sentaient confusément et à l'approche de la date fatidique, le désir de repartir. Inlassablement. Comme aimantés par ces lieux telluriques. Extirpés de leur quotidien par ces espaces de poussières, paraît-il hantés par une bergère que l'on disait Sainte : elle, la virgen del Rocio !!!!
Et donc alors pourtant....
(...)
Lui, José, bosse comme concessionnaire auto chez Seat, dans une zone industrielle sans âme du côté de la Linea, une des ces villes du Détroit, désormais totalement démantibulées et rattachées à la province de Cadix; plus par parti-pris touristique ou économique qu'identitaire.
Mais bon : de tout cela, à vrai dire, José s'en fout royalement. Son job ne lui plaît guère. Mais il le dit pas trop. Ou à mi-mot. Quand il a un peu trop bu ! Car avoir un boulot, aujourd'hui, en Andalousie....
Elle, Milena, est secrétaire dans un des ces latifundios modernes reconvertis en villages de toile diaphanes qui cultivent (?) à perte de vue fruits et légumes faisant fi des saisons.
Milena règle chaque mois au "black"; de la main à la main, ni vu ni connu, leur paye aux milliers de Marocains qui courbent l'échine sous les tomates, poivrons, concombres, melons pastèques ou fraises inondant chaque jours les étals des supermarchés européens avec la bénédiction de Bruxelles.
(...)
Il le lui avait promis. Il a tenu promesse. C'est sur le parvis de l'église del Rocio qu'il le lui a passé au doigt, cet anneau de romarin : cueilli, brin après brin, dans la rosée du matin, assailli par le doute et les incertitudes du lendemain.
Jusqu'à ce que leurs larmes.....
(....)

(...)

jeudi, 29 mai 2008

CAMINO DEL ROCIO (7)

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© J.-L B

Des mains qui s'entrelacent. Pour un oui ou pour un rien.
Des doigts qui claquent au rythme des voix qui s'égosillent.
Des coeurs qui battent la chamade au gré des notes discordantes.
Des incertitudes nées aux frais des vraies-fausses habitudes...

 

mercredi, 30 avril 2008

A LA REVOYURE !!!

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© J.-L B
Une hirondelle ne faisant pas forcément et toujours le printemps, partons colomber en paix sur les rives clapotantes du Guadalquivir à tenter de décrypter l'âme flamenca à l'occasion de la romeria del Rocio.
Olé !
(...)
Adéu-siau !
...
i couroucou a todos

(...)

mardi, 22 avril 2008

PISTE AUX ÉTOILES

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© J.-L B

Il était arrivé au grand galop. Puis, dans un hennissement s'était dressé sur ses deux sabots. Ceux de devant fouettaient l'air, défiant des naseaux la longue longe de cuir de celle qui cherchait à lui faire courber l'échine. Personne n'était dupe. Mais cela participait à la magie. A l'alchimie de la féerie. Celle de cette inoubliable piste aux étoiles, dégoulinant en cascades dans la voie lactée de nos rêves d'enfants.
Pas vrai : Luna ???
Hein : Joan ???

(...)

L'Appaloosa était subitement monté sur ses grands chevaux.
Il exprimait son ire et sa révolte en brassant l'air des sabots.
La petite fille à la queue de cheval ne disait rien mais le trouvait beau.
Elle aimait son allure gracile. Et se dit qu'un jour elle chevaucherait son dos...

samedi, 19 avril 2008

OFFRANDE

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© J.-L B

C'était comme un rubis qu'il allait, d'un geste ample, leur offrir au sommet du temple.
Il s'y était préparé. Il s'était entraîné. Ces gestes ; il les avait répétés. Jusqu'à satiété.
Ses doigts accrochaient le cuir. Là : c'est ça ! C'est bien ; c'est ça. C'est tout à fait ça. Les phalanges bien écartées. Pour mieux se saisir de l'objet. L'objet ? Celui de toutes leurs convoitises. Pour mieux le comprendre. L'appréhender. Ce pourquoi ils jouaient. Se battaient. A en rire. Jusqu'à en pleurer. Même au premier degré. Non pas, cette fois pour une boule de cuir. Mais pour cette balle oblongue. Cette circonvolution céleste, venue par quelques raccourcis d'un pays où on la nommait la Soulte, essaimer au sud des méandres de la Loire
C'était comme une phase de rugby. Et c'était, arrêté à la volé et à la dérobée, au 125e/s, f8, cet après-midi-là; lors d'une joute de gentlemen-voyous organisée dans un des deux stades perpignanais voué au culte de l'ovalie entre l'USAP et les basques de l'Aviron bayonnais.


mardi, 19 février 2008

REGLE DE TROIS

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© J.-L B

Cette fois, il sentait qu'il était en passe de toucher le fond. Un rapide coup d'oeil à celui de la piscine fut des plus explicites.
C'était l'été. A l'occasion d'un repas champêtre lampions-et-cotillons chez des amis.
Ils en étaient au poisson.
Lui, était ailleurs.Totalement ailleurs. Il n'avait plus vraiment le coeur à la fête.
Il gambergeait depuis le matin sur l'incongruité de l'Etre et du paraître. A l'heure de la sieste, affalé dans un hamac dressé entre deux troncs de chêne liège, il en avait échafaudé une théorie fumeuse sur la trinité laïque. Un truc bien chiant à la Houellebecq. Une pseudo démonstration propre à casser définitivement l'ambiance. Alors il avait préféré se lever de table. Et s'en était éloigné en silence.
Sur la margelle de la piscine, face aux étoiles, il en avait scruté le fond. Les yeux mi-clos.
Son passé lui revint alors à demi-mots. Des bribes de souvenirs, des fragrances d'images remontaient à la surface.
Tout y passait. De l'enfance à l'adolescence. Jusqu'à l'âge adulte.
Tout !
Absolument tout.
Rien ne lui serait décidément épargné.
Pas même cette fichue règle de trois qu'il n'avait foutrement jamais su poser !!!


dimanche, 17 février 2008

QUATRE A QUATRE

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© J.-L B

Il l'avait dévalé, comme de bien entendu, 4à4. Ailleurs; ils l'auraient écrit 4X4 ou 4A4. Marrant comme le simple fait de descendre des escaliers un peu plus rapidement que d'habitude prenait, subitement, une bien drôle et bizarre de tournure. Déjà, en remontant dare-dare les marches en colimaçon pour aller chercher à l'étage ses clés qu'il avait oubliées, il avait senti qu'il y avait un truc qui clochait. Rien de bien perceptible. Mais tout de même ! Il s'était dit qu'il était désormais temps qu'il lui en parle. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que cela arrivait. Mais là, franchement, ça devenait véritablement insupportable...


lundi, 11 février 2008

CINQUIEME SENS

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© J.-L B

Il n'était plus sûr de rien.
Voilà quelques jours déjà que ce sentiment diffus le harcelait du soir au matin. Il n'en dormait plus. Ou en pointillés.
Cela lui arrivait parfois.
Mais là...
La veille, en zappant négligemment sur le 16/9e du salon et en tentant - vainement - de s'abrutir d'images et de sons, il était, par hasard, tombé sur une redif du Cinquième élément.
Et là : oui là, dans les méandres incertains de cette étrange lucarne, il crut - l'espace d'un court instant - avoir entr'aperçu dans un rais de lumière la Clé de l'univers.
Rien que ça !!!
Ce n'est qu'au réveil, en envoyant valdinguer d'un geste rageur son téléphone portable qui beuglait à tue-tête la cinquième symphonie de Bethov, qu'il comprit à quel point il avait été usurpé...
L'ouïe, la vue, le goût, l'odorat et le toucher : foutaises, oui !!!
(...)
Allez : on efface tout et on recommence !.


dimanche, 10 février 2008

CITRONS VERTS

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© J.-L B

C'était l'automne. Les feuilles "streep-teasaient" à tout va.
Sur le grand saule du parc d'en-face, il ne restait plus grand-monde pour s'accrocher aux branches.
L'hiver n'allait pas tarder.
Le peuplier du lac de Bompas courbait déjà l'échine.
L'érable du fond affichait sa mine des mauvais jours.
Idem, du côté du robuste platane.
Tous avaient assurément perdu de leur superbe.
Car tous, à vrai dire, n'en menaient maintenant plus vraiment très large.
Pas un qui ne redoutait ce strict élagage en règle; cette boule-à-zed programmée.
Tous donc ce jour-là faisaient le dos rond.
Comme chaque année du reste à pareille époque !
N'empêche...
(...)
Le citronnier du fond du jardin, lui, n'en avait cure de ce grand tohu-bohu saisonnier ; de ce grand marronnier médiatique.
Anticonformiste par passion tout autant que par déraison, il prenait quant à lui un malin plaisir à jouir de la vie à l'envi.
Comme si les premiers frimas le gratifiait d'une seconde jeunesse.
Ses fruits oblongues prenaient chaque jour davantage de vigueur. Prêts à pétiller d'ivresse dans des cocktails furibards du bout de l'an ou d'érotiques mixtures de Carnaval.
(...)
Ils l'avaient ramené d'un de leur périple sud-américain.
Puis, il avait pris racine ici. Dans ce bout de Catalogne.
Mais ne s'était jamais vraiment remis du décalage horaire. (!!!)
Car chaque année, en plein coeur de l'hiver, laissait nonchalamment choir sur le sol parfois gelé, trois-quatre citrons verts gorgés de soleil.


samedi, 19 janvier 2008

TREIZIEME ELEMENT

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© J.-L B

Des bras comme des enclumes. Des triceps parcheminés d'hiéroglyphes mystérieuses. Des biceps graffités de signes cabalistiques. Le langage du corps exorcisé. Le savoir du musc et de l'encens personnifié à travers une quête remontant de la nuit à la source du temps. Réminiscence d'un savoir-être aborigène. Souvenirs oubliés d'écritures cunéiformes hérités de ces iliennes et Pacifiques civilisations ancestrales. Quête du soi revivifié à travers le culte de l'ovale personnifié par le biais des contours d'une planète délibérément orientée vers le treizième élément....


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