08/07/2007

CAVALCADE

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© J.-L B

Cahuita, petite bourgade assoupie dans une douce torpeur sur la côte costaricienne de la mer de Caraïbes.
Playa Negra au lever du soleil.
Lorsque soudain, surgis de nulle part, sortis d'une cocoteraie ombrageuse, ils sont arrivés au grand galop. Tous deux fougueux et intrépides. Tous deux cherchant à en imposer à l'autre. A mâter l'autre !
Rebelle, la bête fouettait l'air de sa longue crinière blanche. Son oeil de braise foudroyant l'alentours.
Sa course folle, ses ruades répétées, manquaient parfois de désarçonner le cavalier. Mais jamais elles ne parvinrent à le prendre en défaut. Le duel entre l'homme et l'équidé était de toute beauté. Dans la lumière rasante, ils se sont ainsi défiés de longues minutes durant.
Jusqu'à ce que sans doute lassés de leurs orgueils mal placés, ils décidèrent de faire cause commune. Enfin apaisés, redoublant de galop, ils ont filé droit sur les flots. Fendant les vagues venant s'échouer sur la grève, l'homme et le cheval ont poursuivi leur folle cavalcade, avant de replonger, tout aussi brusquement, sous la frondaison des longilignes cocotier toisant l'horizon.!

05/07/2007

L'APPEL DU LARGE

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© J.-L B

Golfito !
Comme son nom l'indique, un golfe. Une anse lovée autour de la péninsule d'Osa sur la côte pacifique du Costa-Rica, à une encablure du Panama.
Golfito !
Comme son nom ne l'indique pas forcément, un port. Une ville. Une ville et un port autrefois grouillant d'activité. Des quais encombrés de cargos. Des docks embouteillés jusqu'à la gueule d'énormes porte-containers.
Jusqu'au coeur des années 80, c'est ici que battait le pouls du trafic bananier sud américain trusté par la United Fruit company. Et puis !
Et puis, la tentaculaire holding us est allée jeter l'ancre ailleurs. Vers d'autres horizons plus rentables. Alors, les entrepôts, un à un ont fermé. Les embarcadères n'ont plus rien embarqué ni débarqué. Les navires se contentaient de croiser au large. Et peu à peu, la ville s'est assoupie. Dans la lourde moiteur tropicale, les façades des demeures coloniales ont commencé à se lézarder et s'écailler.
Manolo, lui vit dans l'une de ces petites maison en bois du secteur du muelleicito. Son père était docker. Il est aujourd'hui pêcheur. Tous les matins à l'aube, Ricardo s'embarque sur ces rafiots de fortune qui par flottilles entière s'en vont traquer la daurade coryphène pour la coopérative de Golfito. Et tous les jours, Manolo vient guetter leur retour. Pas peu fier de donner un coup de main. Pour quelques centavos, Manolo décharge les cales de leur cargaison de poissons. Manolo est à son aise. Sur le pont il se faufile partout avec entrain. Des palangriers, il en connaît déjà les moindres recoins. Manolo sait qu'il lui faudra encore patienter quelques années. Mais il sait, qu'un jour, ça sera son tour.
Qu'un jour bientôt il prendra le large. Et mettra cap sur l'horizon. Là, où le soleil embrase l'infini. Là où les baleines, les soirs de pleine lune, se donnent des ailes avant de faire l'amour !!!

24/06/2007

BIENVENIDO A VINALES

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© J.-L B

Bienvenido a Vinales !
Tu parles, oui ! Voilà une heure que le cyclone tropical nous a surpris. La caisse a rendu l'âme. Carbu noyé ou encrassé. Sais pas vraiment. Sais plus très bien. Veux pas savoir ! Veux plus savoir ! Suis fatigué. Trempé. Trempé jusqu'aux os. Le vieux Toyota reste désespérément immobile sur le bas côté. Plus rien à en tirer. Rageur coup de poing sur le capot. Ca sert à rien. Mais ça défoule.
Là-bas au loin, sur la mer; le ciel couleur d'encre se zèbre d'éclairs. Cette fois : ça tonne et ça pète dans tous les sens. Et ç'est plus franchement très loin. V'là qu'il'approche, à toute allure ce foutu "chemin des Dames" exilé au beau milieu des Caraïbes !
Brrrrrrr !!!!!!
"Et qu'est-ce qu'on fait, maintenant" ?
Si j'savais !
Andrea n'en mène pas large. Moi non plus, à vrai dire. Nous voilà trempés. Glacés. Frigorifiés. Nous voilà comme deux ronds d'flanc, grelottant sous l'ouragan. Comme deux cons perdus sur une route paumée au fin fond d'une vallée excentrée de la province de Pinar del Rio. Quelle idée, aussi, d'avoir voulu prendre la tangente dans ce foutu trou ! Là, ici. Loin de tous ces axes touristiques balisés.
La route maintenant se fait torrent. Ridicule de ne rien faire. Et d'attendre.
Faut bouger ! Marcher ! Trouver de l'aide.
Une demi-heure plus tard, dans la quasi obscurité d'la mi-journée : un gamin sous l'auvent d'un bohio au toit en feuilles de palme nous fait un pt'it signe de la main. Pas plus étonné qu'ça d'nous voir débarquer. On lui raconte notre mésaventure. Deux minutes plus tard, c'est toute la maisonnée qu'est là. Là, sur le pas d'la porte. On discute. Ca tchatche. On tcharre. Ils ont le temps. Nous, moins, compte tenu des circonstances. On leur raconte notre vie. Jusqu'à c'qu'enfin : gagné ! Ils acceptent de nous aider. Y sont ok pour pousser la Toyota noyée. S'engagent à la garder. Jusqu'à c'qu'on revienne. Bientôt.Tout de suite. Avec le mécano de l'agence de location.
Oui, mais bon : et maintenant ! Qu'est-ce qu'on fait ?
Pinar del Rio est à une cinquantaine de kilomètres de là. Il pleut toujours des trombes Et les campesinos n'ont d'autre moyen de locomotion que deux boeufs attelés à un charreton.
La suite ?
La suite : elle s'enchaîna dans une espèce de tourbillon surréaliste. Une autre demi-heure de marche. jusquà c'qu'un poid-lourd au bord de l'apoplexie accepte de nous prendre en stop.
Défoncé aux amphés, le chauffeur qui faisait les 3/8 depuis une semaine dans une mine de cuivre voisine s'endormait à moitié au volant. Dès qu'il piquait un tantinet du nez, Andrea lui chantonnait à tue tête "Ay Carmela", tandis que mon côté je m'occupais de lui remplir le gobelet d'son thermos de café.
Une autre bonne demi-heure plus tard, dans un état second, engloutis dans les déferlantes des "Cinquantièmes Hurlantes et Mugissantes" équivalentes au passage du croisement d'un Cap Horn imaginaire, le routier pila brusquement sur les freins d'son babut avant que dans une gerbe d'eau il ne finisse par s'immobiliser cinq cents mètres plus loin. Restait quand même trois bonnes bornes à faire jusqu'à l'hôtel.
Trempés, imbibés, à moitié noyés, on a fini par y arriver.
Le bouge était désert.
Rosa avait déserté la réception. Mais nous avait vu arriver derrière ses persiennes et s'était empressée de préparer l'une des chambres qui donnaient sur la vallée.
En prévision du lendemain...
En nous accueillant, hilare, cigare aux lèvre, elle tenait dans la main une boîte de Cohibas et dans l'autre une bouteille de Havana Club de trois ans d'âge. Puis s'exclama en s'esclaffant :
Bienvenido a Vinales !
(...)
Tu parles, oui !
Mais finalement.
Et vu sous cet angle...

20/06/2007

COUBA LIBRÉ

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© J.-L B

La silhouette au chapeau d'osier ménageait sa monture d'un trot apaisé en rentrant du champ de canne à sucre.
Les lacets de la piste sillonnaient et découpaient les flancs éventrés des collines peuplés d'avocatiers surplombant la route escarpée.
Le petit petit cheval alezan, que l'homme montait avec respect, semblait - pour une fois ! - lui être reconnaissant de prendre ainsi en compte son lourd poids des ans.
Une douce et chaude lumière de fin de journée baignait l'horizon environnant.
Une iguane se laissa tomber lourdement d'un manguier avant de s'éclipser en courant se réfugier derrière un bosquet d'ananas.
Cuba ! Cuba libre ! Couba libré !
C'était il y a quelques années de ça. Juste avant que Varadero ne finisse, à coups de dollars déversés par milliards, par éclipser les futurs complaintes - à venir ! - des souffrances de Guantanamo. Avant que Castro ne sombre totalement dans le reniement, la paranoïa et l'oppression voués aux gémonies de ses élucubrations de dictateur d'opérette.
C'était avant !
Avant ; avant bien avant tout ça !!!!
Sur son cheval fatigué, Miguel lâcha sur le bas côté de la terre ocre un gras crachat lourd de sens tout en mâchouillant - plus que de raison ! - son cohiba troqué la veille à la sortie d'un fabrique de cigare de Pinar-del-Rio. En nous voyant, il esquissa un sourire. Puis, accepta en retour d'un éclat de rire rendu aussitôt en échange, de se faire photographier de bon gré.
Et tandis que le jour baissait et que plus rien, désormais, ne le retenait; un quart d'heure durant, il égrena les moment forts de sa vie. Evoqua ses tourments. Parla de ses illusions. Et - encore et surtout - de ses désillusions perdues en cours de route.
De tout et de celà, il se confia.
De tout à la fois.
De tout celà et de tout ça, il nous conta !
Exhumant et déterrant dans la même ivresse destructrice tout ce qu'au sommet de cette Sierra Maestra - qu'il haïssait tout autant qu'il la chérissait ! - il avait construit au gré des ressacs de ses utopies !!!
Puis, lassé, parc'qu'il était tard et qu'on l'attendait, il prit congé.
Eperonna gentiment l'Alezan et disparut dans l'obscurité !

30/10/2006

HIER ET AILLEURS...

© J.-L B

D'autres latitudes pour cocooner l'hiver au chaud…
(...)
Dis : on repartira, l'an prochain ?
Oh : ça pour sûr !
J't'en fais la promesse,
là, ici et maintenant !
En souvenir de tous ces ailleurs d'hier...

13/10/2006

BONS BAISERS DU CHILI

Un an ! Un an tout juste. Un an déjà.
De retour d'un périple de cinq semaines au Chili, ce voyage avait dans la foulée donné naissance à de zigzaguants et enivrants Vagabondages.
Quasiment un an plus tard jour pour jour, à l'occasion d'un grand nettoyage d'automne, les images brusquement remontent à la surface. Intactes, ou presque.
C'était hier. C'était il y a un an. Et Midiblogs était sur le point d'éclore. Juste par plaisir personnel et un peu égoïste, l'envie se fait alors jour de les remettre en selle. Après une bonne soirée à essayer de faire basculer un diaporama qui tienne la route sur ce foutu Cahier d'brouillon - et malgré l'assistance technique de Did et Gene, merci à eux - je me vois malheureusement contraint d'abdiquer et de faire suivre par un lien pour les curieux.
Cordialement,
Ji-el-Bê

ESCAPADE CHILIENNE